Couverture Le héron de Guernica

Auteur

Antoine Choplin

Editeur

La Brune

Date d'édition

2011

158 pages

 

 

Résumé

 

Avril 1937, Guernica. Quand il ne donne pas un coup de main à la ferme du vieux Julian, Basilio passe son temps à peindre des hérons cendrés dans les marais, près du pont de la Renteria. Ce matin du 26, alors que nombre d’habitants ont déjà fuit la ville dans la crainte de l’arrivée des Nationalistes, le jeune homme rejoint son poste d’observation au bord de l’eau. Amoureux d’une jeune ouvrière de la confiserie, il veut lui peindre un héron de la plus belle élégance, lui prouver sa virtuosité et son adresse de coloriste, alors que, déjà, les premiers bombardiers allemands sillonnent le ciel. Ce n’est pas que Basilio se sente extérieur au conflit, il a même tenté de s’enrôler chez les Républicains, mais on n’a pas voulu de lui. En ville, on dit de lui qu’il a un sacré coup de pinceau. Mais qui peut comprendre sa fascination pour ces oiseaux, l’énigme de leur regard, leur élégance hiératique, mais aussi leur vulnérabilité ? Peintre naïf, peut-être que ce Basilio, mais surtout artiste qui interroge la question de la représentation. Comment faire pour rendre par le pinceau la vie qui s’exprime dans le frémissement des plumes ? Questionnement peut-être plus essentiel encore dans ces temps de cruauté. Car sitôt les premières bombes incendiaires tombées sur Guernica, Basilio rejoint la ville pour voir, de ses propres yeux, l’horreur à l’oeuvre. Avec l’aide d’Eusebio, son ami prêtre, il photographie les avions allemands, pour témoigner de ce massacre. Mais comment rendre la vérité de ce qu’ils sont en train de vivre, ceux de Guernica, dans ce cadre limité de la plaque photo ? « Ce qui se voit ne compte pas plus que ce qui est invisible » dit-il.



Mon avis

4__toiles

Ce roman est une petite merveille d'écriture. Les mots s'enchaînent les uns derrière les autres avec une certaine beauté.

Le thème principal abordé dans "Le Héron de Guernica" est la création artistique que ce soit dans le domain de la peinture, de la photographie ou de la musique. Basilio est un jeune espagnol qui veut absolument peindre un héron. Les rapports entre le héron et Basilio sont très fort. Le héron acceptant la présence du jeune peintre sans beaucoup bronché. Basilio deviendra le temps de quelques minutes photographe de l'action immédiat durant les bombardements de Guernica. Guernica représenté d'après témoignage sur le célèbre tableau réalisé par Pablo Picasso. Basilio va aller rencontrer l'artiste lors de la première présentation de la toile au public. La musique, malgré les horreurs de la guerre est toujours présente, la création musicale peut-elle aider à mourir ? La représentation artistique de l'horreur peut-elle se faire par la peinture, ou plutôt par la photographie ? La peinture doit-elle être une représentation réelle de la vie ou une métaphore ? Autant de questions sortent de ses 158 pages.

En conclusion : Cette lecture ne nous laisse pas indemne. Il nous reste un étrange sentiment d'angoisse due à l'horreur de la guerre et d'espoir due à la beauté de la création artistique