Session 8 : mot "AME"

 

 

Mon âme

 

Auteur : Jérôme Ferrari

Editeur : Actes Sud

Date d'édition : 2010

154 pages

 

Résumé :1957. A Alger, le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani, avec lequel il a affronté l'horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d'Andreani, d'un tortionnaire à l'autre : les victimes sont devenues bourreaux. Si Andreani assume pleinement ce nouveau statut, Degorce, dépossédé de lui-même, ne trouve l'apaisement qu'auprès de Tahar, commandant de l'ALN, retenu dans une cellule qui prend des allures de confessionnal où le geôlier se livre à son prisonnier...

 

 

Mon avis

5__toiles

Ce roman est le second que je lis sur la guerre d'Algérie en moins d'un mois. Tout comme "Le Mur, le kabyle et le marin" d'Antonin Varenne, "Où j'ai laissé mon âme" traite des tortures perpétrées par les français en Algérie au nom de la guerre, au nom de la France.

Le roman de Jérôme Ferrari dénonce les méfaits de certains soldats, l'horreur de ces actes et leur importance sur les tortionnaires eux-mêmes et notamment sur le capitaine André Degorce qui a vécu la seconde guerre mondiale en tant que résistant et la guerre d'Indochine en tant que combattant. En trois jours, son âme va basculer ; son "innocence" sera annihilée et il ne sera plus le même homme.

Tout au long de ce récit, on s'attache à ce capitaine, à son humanité. On espère toujours qu'il ne sombrera pas dans son côté inhumain.

Quant à la construction du roman, l'auteur alterne deux points de vues. Tout d'abord la narration traditionnelle dans laquelle on suit le capitaine Degorce durant ces trois jours terribles, 27-28 et 29 mars 1957 où tout bascule. Le second point du vue est celui du lieutenant Horace Andréani, camarade du capitaine durant la guerre d'Indochine. Le récit du lieutenant se passe beaucoup plus tard. Il s'adresse directement au capitaine dont il connait déjà la transformation morale élaborée durant ces trois jours de mars 1957.

L'écriture de ce roman est vraiment magnifique. Les mots coulent de phrase en phrase et il est difficile de quitter le texte des yeux. Cette beauté du texte est en totale opposition avec la cruauté humaine qui y est décrite. Au premier abord, lorsque l'on feuillette le livre, on voit des paragraphes d'une longueur infinie, faisant plusieurs pages... Cette forme peut faire peur, mais la qualité du texte est telle que l'on ne souffre pas de ce manque d'aération dans les pages.

En conclusion : Texte sublime sur un thème terrible. A lire absolument



La récap des livres "AME" chez Calypso

Le mot de la prochaine session est

FILLE

rendez-vous le 15 juillet