La mer, le matin

 

Margaret Mazzantini

Robert Laffont, pavillons, 2012

144 pages

 

Résumé : Deux mères et deux fils que la Méditerranée sépare.
Deux rives, deux pays, deux histoires que l'Histoire avec un grand H relie pourtant.

 

                   Mon avis

 

 

 

 

Roman à l’écriture poétique qui tranche avec la dureté des thèmes abordés : que se soit la difficulté de sortir d’un pays dévasté ou l’exil forcé ; la renonciation ou l’espoir de repartir ; la difficulté d’intégré une communauté qui nous rejette.

Récit poignant divisé en trois parties. La première nous montre Farid, jeune libyen face à face avec une gazelle. Chacun jaugeant l’autre. Chacun acceptant l’autre en silence, en douceur.

A côté de ce calme, on sent la présence constante de la guerre. Farid est né avec la guerre, pour lui les tirs et les morts font partis de la vie quotidienne, de la routine. La mort de certains de ses proches ne lui fait rien. Puis, il suivra sa mère sur un boat people à destination de l’Italie…

La deuxième partie relate l’enfance et la vie de Angelina, italienne née en Libye de parents italiens. Angelina grandit à Tripoli. Elle est adolescente quand les italiens sont expulsés de Lybie. Angelina retourne en Italie avec ses parents. Mais aucun d’eux trois de peu se résoudre à vivre dans ce pays. Ces italiens de Tripoli (les tripolini) sont rejetés par les italiens de souches. Pour Angelina la vie sera dure. Elle aura un fils, Vito qui a souffert de cette envie qu’avait sa mère de repartir à Tripoli, de ce mal d’Afrique. Vito a 18 ans quand les frontières libyennes sont à nouveau ouvertes pour les italiens. Il part alors avec sa mère et sa grand-mère en voyage dans ce pays qui hante Angelina.

En conclusion : roman sobre, touchant, poignant sur l’exil.