Couverture Le reliquaire abyssin

Une enquête de Kamil Pacha

Jenny White

Lattès, 2012

441 pages

 

Résumé : Constantinople, mai 1453. Alors que sept mille hommes se préparent à défendre Byzance contre l'envahisseur turc, Isaac Métochitès et sa famille sont chargés de protéger un reliquaire en argent qui porte sur son couvercle la figure d'un ange en pleurs et une inscription : « Contemplez la Preuve de Chora, Contenant de l'Incontenable » Quatre siècles plus tard, dans l'empire ottoman, le magistrat Kamil Pacha est confronté à l'une des affaires les plus complexes de sa carrière : des dizaines d'antiquités ont disparu des plus grandes mosquées et églises d'Istanbul, pour refaire surface quelques semaines plus tard sur le marché européen. Tandis que ces vols alimentent les tensions croissantes entre chrétiens et musulmans, plaçant la ville au bord de l'émeute, une série de meurtres lies par des marques identiques sur les cadavres menace de détruire définitivement cet équilibre précaire.
L'enquête de Kamil l'oriente vers une secte ancienne créée par des esclaves abyssiniens, dont les descendants habitent une gigantesque citerne abandonnée dans les bas-fonds d Istanbul.
Avec la réapparition soudaine du reliquaire en argent et son vol presque immédiat, une course brutale est lancée entre ceux qui ont juré de le protéger et ceux qui ne s'arrêteront devant rien pour s'emparer de son contenu explosif une « Preuve de Dieu » susceptible de réécrire le cours de l'Histoire. À mesure que Kamil découvre les secrets de la secte et ses liens avec le reliquaire, il apprend des vérités sur sa propre famille et son passé qui risquent de détruire ses croyances les plus profondes. Dans la lutte mortelle qui s'engage autour du reliquaire, ce n'est pas seulement la vie de Kamil qui est en danger, mais son identité même.

 

Un Très grand merci à Livraddict et aux éditions Lattès qui m'ont permis de découvrir un monde, celui de l'Orient du XIXème siècle, que je ne connaissais absolument pas.

 

 

Mon avis

 

Roman historique doublée d'une enquête policière. On suit Kamil Pacha, magistrat à Istanbul, menant l'enquête pour retrouver des oeuvres d'art religieuses volées : oeuvres chrétiennes ou musulmanes. Ces vols enflamment les deux partis et l'urgence de trouver les coupables est indéniable. Kamil va se retrouver face à  un grand réseau bien organisé. Il va perdre des amis, découvrir des vérités sur sa famille, resentir des sentiments amoureux. Cette enquête va le manger de l'intérieur. Mais, ce qui est appréciable c'est la droiture de ses actes. Il fera tout pour ne pas trahir la parole donnée, tout pour ne pas trahir ses amis... Il aura des moments de doutes, il sera obligé de délivrer des informations pour aider, pour sauver des personnes... Les valeurs morales du pacha sont très fortes et remarquables. Il tentera de sauver "La preuve de Dieu" un document très ancien qui pourrait réconcilier chrétiens et musulmans qui ont tout de même du mal à cohabiter dans le calme à Istanbul.

Ce roman nous transporte à Istanbul en 1887. L'auteur nous donne des repères historiques, des repères sociaux. Jenny White, anthropologue à l'université de Boston, nous décrit les façons de vivre des habitants d'Istanbul à cette époque, nous explique la signification des noms de chacun...

Outre l'enquête policière, qui met du temps à démarrer, ce roman a une qualité historique indéniable. Les personnages sont très bien campés et plusieurs d'entre eux ont de grands coeurs. Beaucoup sont torturés par la vie. Et tout ne se terminera pas bien pour tout le monde.

En conclusion : Bon roman historique avec des personnages marquant et une enquête policière dans un milieu de tensions religieuses.